Jean-Pierre BARBIER, Membre de l’AUPPM et Président de Dumet Environnement et Patrimoine, nous propose l’information suivante sur l’avenir de l’île Dumet.
» Des discussions sont en cours actuellement pour déterminer ce que deviendra l’île Dumet, propriété du Conservatoire du Littoral, au cours des 10 prochaines années. Deux scénarii sont actuellement en compétition :
- Celui des ornithologues, défendu par la LPO (Ligue pour la Protection des Oiseaux) et Bretagne vivante, qui rêvent de transformer l’île en une réserve pour les oiseaux. Dans un premier temps, ils demandent une fermeture complète de l’île entre février et fin août. Rappelons que les 2/3 de l’île sont déjà interdites, toute l’année, au public.
- Celui de l’association Dumet Environnement et Patrimoine, cogestionnaire de l’île avec le Département et la commune de Piriac, engagée depuis plus de 10 ans dans la préservation de la biodiversité de l’île : faune, flore et fonds sous-marins, qui estime sur la base d’études et d’un suivi naturaliste rigoureux, qu’il est possible de concilier protection de la biodiversité et mise en valeur du site avec l’ambition de restaurer le Fort carré pour l’ouvrir au public. Bien concrètement, nos observations sur le terrain nous permettent d’affirmer que la période sensible de nidification des oiseaux s’achève début juillet, à l’exception de quelques pontes tardives observées pour une seule espèce, les goélands. Toutes les autres espèces et l’immense majorité des juvéniles de goélands sont nageants sinon volants début juillet. Il n’apparait donc pas justifié de prolonger la période de fermeture de l’île au-delà de la mi-juillet.
Fermer l’île aux plaisanciers par arrêté préfectoral pendant la période estivale aurait un double inconvénient :
- Priver les vacanciers d’un accès à une destination appréciée par tous l’été, période évidemment la plus accueillante sur cette île sauvage.
- Condamner les projets de mise en valeur de l’île et de restauration du Fort carré, pour lequel notre association et les trois maires de Piriac, Mesquer et La Turballe ont déposé auprès de la DRAC un dossier d’inscription aux Monuments historiques. En effet, comment espérer mobiliser les ressources financières publiques ou privées pour des investissements sur l’île si celle-ci est interdite au public en période estivale. La Fondation du Patrimoine, qui était prête à s’engager pour nous aider à monter le financement des travaux nécessaires à l’ouverture du Fort carré au public, y compris en nous parrainant pour concourir au loto du Patrimoine promu par Stéphane Bern, reste l’arme au pied dans l’attente des décisions concernant l’avenir de l’île Dumet.
La décision finale devrait intervenir dans les prochains mois pour s’appliquer dès l’été 2024.
Fermer l’île l’été par décision administrative s’apparenterait à une forme d’écologie punitive, qu’il serait d’ailleurs difficile de faire respecter pour les Pouvoirs publics. Ce serait surtout une occasion manquée, probablement définitivement, de mise en valeur d’un patrimoine historique remarquable qui pourrait d’ailleurs, après restauration du Fort carré, être utilisé pour faire la pédagogie de la biodiversité auprès d’un public de plaisanciers et de vacanciers intéressé.
Jean-Pierre Barbier
Adhérent de l’AUPPM
Président de Dumet Environnement et Patrimoine «
Bonjour à toutes et à tous, Quels sont les arguments de la LPO pour demander le statut de Réserve ? Merci de votre retour.
Ils estiment que l’île est surfrequentee l’été ( certains ont même estimé que Dumet l’été c’était St Trop) que les touristes estivaux sont des nantis propriétaires de bateaux et que ceux-ci dérangent les oiseaux
Malheureusement, je suis déjà passé devant l’île où c’était la grosse fête, avec une sono qui fonctionnait bien fort ! Ce genre de manifestations, sûrement très rare, donne des arguments à la LPO.