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La réunion d’information a eu lieu le samedi 25 juin 2022 à 9h30 à la Capitainerie. Treize plaisanciers étaient présents. Elle a été animée par Monsieur BOISDRON, consultant maritime missionné par EDF, pour participer aux actions de communication sur le Parc Eolien de Saint-Nazaire. Sa mission consiste à communiquer :

Accès à la zone pendant le chantier :

L’accès sur la zone des 80 éoliennes, est donc interdit pendant la durée du chantier, jusqu’à 1/2 mile de l’emplacement des premières éoliennes périphériques. Sauf bien entendu pour les bateaux du chantier.
Des dérogations peuvent être accordées pour un accès à certaines zones, après formation et habilitation au cas par cas. Quelques pécheurs professionnels on reçu cette habilitation. Les éoliennes sont séparées de 1 km les unes des autres.

Le chantier :

Quatorze bateaux du chantier peuvent accéder au parc, avec un effectif d’intervenants de 400 à 600 personnes. 200 personnes environ y travaillent tous les jours. Le navire « Vole au Vent », transporte tous les composants de 4 éoliennes à chaque navette, soit 4 mâts, 12 pales, et 4 nacelles de 500 T chacune, qui contiennent les alternateurs de 6 MW. Les interventions ne sont possibles que si la houle ne dépasse pas 1,40 m. Les 3/4 des éoliennes sont installés sur un mono-pieu enfoncé de 12 à 17 m dans un trou foré par un tunnelier vertical. Une petite couronne de béton est alors mise en place au niveau du fond marin. Quelques éoliennes, implantées dans le sable, sont installées sur des massifs en béton. Le parc fait à peu près la même superficie que Belle-Ile. Les nacelles qui contiennent les alternateurs de chaque éolienne, sont situés à 100 m au dessus du niveau haut de la mer. En partie basse les pales passeront, au plus bas, à environ 30 m du niveau de l’eau.

Restrictions de navigation après la fin du chantier :

Le chantier pourrait se terminer avant la fin de l’année 2022, si les conditions météorologiques restent globalement favorables. Le Préfet Maritime pourra alors rédiger un nouvel arrêté, afin de règlementer l’accès au site. D’après Monsieur BOISDRON, il serait possible que cet arrêté permette les accès jusqu’à 50 m de chaque éolienne, et 200 m de la sous-station électrique. Mais, c’est bien le Préfet qui en décidera !

Les deux bateaux « chiens de garde » qui surveillent le site actuellement, ne seront pas conservés après la fin du chantier. 2000 bateaux ont pénétré dans la zone en 2021, avec un pic à 40 bateaux le 28 août dernier !

Autres projets de parc dans la région :

D’autres projets sont prévus ou en cours dans la région :

  • Fécamp
  • Belle-Ile
  • etc

Il est possible de se procurer sur Internet le hors série de  la revue « Le Marin » du 15 mai 2022, qui fait le point sur les énergies marines renouvelables. Lien vers le numéro concerné.

Mise à jour des cartes marines :

Concernant la mise à jour des cartes, Monsieur BOISDRON précise que les mises à jour informatiques dépendent de leurs fournisseurs, et qu’a priori les cartes Shom devraient être mises à jour après la mise en service du site, à partir de début 2023.

Maintenance du site :

A terme, la maintenance du parc sera complétement réalisée depuis La Turballe. La surveillance technique à distance du site y sera réalisée, avec des reports d’informations chez EDF près de Toulouse. Il n’y aura aucune présence sur site en dehors des interventions de maintenance périodique (chaque mois sur les éoliennes), ou de dépannage. Des caméras seront installées pour assurer une surveillance technique.

Durée de vie – Exploitation :

La durée du contrat de l’exploitant est de 40 ans. La durée de vie du parc est de 25 à 30 ans. Après cela, le site devra être remis dans son état initial. Les pales en carbone posent pour l’instant un problème de recyclage. Actuellement, elles sont broyées et utilisées comme combustible dans les cimenteries, ou pour réaliser des fondations de routes. Des études sont en cours pour en réaliser une utilisation plus « noble ».

Environnement :

Un Comité Scientifique suit l’impact environnemental sur la biodiversité animale et végétale … L’impact a été relativement important lors de la réalisation des fondations, mais tout se rétablit très rapidement. Le retour des moules et des poissons est constaté.
Il devrait y avoir peu de problèmes liés à l’ensablement, car le parc est situé principalement sur un fond rocheux.

Coût du projet :

Le montant de l’investissement, hors coût de démantèlement à la charge de l’exploitant, est de l’ordre de 2 milliards d’euros.

Impact touristique :

Des visites sont d’ores et déjà organisées en bateau depuis Saint-Nazaire, et semble-t-il aussi depuis La Turballe.

Questions posées par l’assistance, en attente de réponses :

  • Les éoliennes et la sous-station électrique, vont-elles émettre en AIS ?
  • Le pas des pales des éoliennes se règle-t-il automatiquement ?

Informations complémentaires :

Voir le site Internet du Parc Eolien de Saint-Nazaire

Note complémentaire du rédacteur du compte-rendu  :

Petit bilan de puissance pour fixer les idées, et sans aucun parti pris :

  • Chaque éolienne du parc présente une puissance maxi installée de 6 MW  (6 mégawatts ou 6 000 000 de watts)
  • Les 80 éoliennes totalisent donc ensemble une puissance maxi de 480 MW
  • Une éolienne en mer présente un facteur de charge de l’ordre de 40% (Energie réellement produite, divisée par l’énergie totale théorique qui serait produite si l’éolienne tournait en permanence à sa puissance maxi). Pour information, à terre ce facteur de charge est proche de 25%.
  • La puissance moyenne d’une tranche nucléaire (réacteur) en France est de 1000 MW. Soit un total de 56 000 MW pour les 56 réacteurs encore en service.
  • Le facteur de charge d’une tranche nucléaire est de l’ordre de 75%.

Le Parc de Saint-Nazaire devrait donc produire en moyenne annuellement une énergie de : 480 MW x 365 j x 24 h x 0,40 = 1 681 920 MW/h

Une tranche nucléaire moyenne produit annuellement : 1 000 MW x 365 j x 24 h x 0,75 = 6 570 000 MW/h.

Pour remplacer toute l’énergie fournie par les 56 tranches nucléaires en France, par de l’éolien, il faudrait installer :

(6570/1682) x 56 = 219 parcs comme celui de Saint-Nazaire, soit 219 x 80 = 17 520 éoliennes de 6 MW.

S’il fallait remplacer ces 56 centrales par des éoliennes terrestres de 3 MW, il en faudrait :

(17 520 x 2) x (0,4/0,25) = 56 000

D’autre part, nous consommons de l’énergie électrique en permanence, même les jours sans vent ! Il est donc indispensable d’avoir une production d’électricité qui soit diversifiée.

 

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Bousquet Pierre
Bousquet Pierre
26 juin 2022 8h48

« Il est donc indispensable d’avoir une production d’électricité qui soit diversifiée ».
Bien sûr mais pas seulement : une alternative est le stockage.
Le système de pompage / turbinage est (STEP ou PHS en anglais) est un dispositif très économique (versus des giga-batteries) et d’un excellent rendement (80%).
Il reste en France très sous exploité 184 GWh de stockage sur un gisement évalué à 4 000 GW.
Pour d’absconses questions de concurrence son développement est bloqué en France, à l’instar du projet de Redenat en Corrèze…

Olivier Poupart-Lafarge
Olivier Poupart-Lafarge
25 juin 2022 19h10

Excellent article. Vraiment passionnant et très instructif.
Je regrette que la zone interdite ne soit pas balisée. Cela permettrait aux navigateurs de visualiser facilement les limites à ne pas dépasser et de ne pas risquer une intervention des Affaires maritimes.